Là, une pompe aspirante et foulante le dirigeait, en le comprimant, dans un vaste récipient saturateur muni d'un agitateur, et contenant la quantité d'eau qu'on voulait saturer.

Les matières salines qu'il fallait ajouter à l'eau, pour imiter différentes eaux minérales, étaient mises dans le récipient, et quelquefois introduites en poudre dans les bouteilles. L'eau dissolvait naturellement un volume de gaz acide carbonique égal au sien; la compression opérée au moyen de la pompe et le jeu de l'agitateur augmentaient la saturation.

On soutirait alors l'eau gazeuse, et, lorsque le récipient était vide, on commençait une nouvelle opération.

 

Gosse et Paul préparaient d'abord l'acide carbonique en décomposant la craie (carbonate de chaux) par la chaleur; mais ils ne tardèrent pas à traiter la craie par l'acide sulfurique qui, à froid, en dégage l'acide carbonique. Le gaz ainsi produit traversait des tonneaux renfermant de l'eau, où il se lavait et se rendait dans un gazomètre.

Au commencement du vingtième siècle, l'eau de Seltz était un véritable produit pharmaceutique. Elle ne se délivrait guère que sur l'ordonnance du médecin.

La fabrication de l'eau de Seltz artificielle avait pris à Genève une certaine extension. Deux pharmaciens associés, Gosse et Paul, s'attachèrent à perfectionner cette fabrication, et créèrent un appareil remarquable pour cette époque, qui reçut le nom d'appareil de Genève.

L'Appareil de Genève